Dermatose nodulaire contagieuse

Lumpy skin disease (Dermatitis nodularis LSD)

Au 18 août 2025, 75 foyers confirmés de dermatose nodulaire contagieuse (LSD) ont été confirmés en Savoie, en France. Cette maladie virale, classée parmi les épizooties hautement contagieuses, affecte les bovins et se transmet principalement par des insectes piqueurs (mouches, moustiques). Elle ne représente aucun danger pour l’être humain. Les animaux infectés présentent généralement une forte fièvre, des nodules cutanés douloureux, une perte d’appétit, ainsi que des écoulements nasaux et oculaires. Conformément aux mesures de lutte actuellement en vigueur, les animaux atteints doivent être abattus afin d’éviter la propagation de l’épizootie.

La Suisse est à ce jour indemne de la maladie. Une campagne de vaccination a eu lieu dans la zone de surveillance mise en place dès le 25 juillet 2025 danss les régions de Champéry, Finhaut et Ferret en Valais. 

Afin de prévenir la propagation du virus, l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV) ordonne la vaccination obligatoire de tous les bovins, buffles et bisons dans la zone de surveillance valaisanne concernée. Cette mesure vise à créer une barrière immunitaire efficace autour des foyers constatés en France. La vaccination est actuellement considérée comme la stratégie la plus efficace pour lutter contre la maladie. Les vaccins utilisés ne sont pas autorisés en Suisse. L'OSAV a émis une décision de portée générale pour l'importation et l'utilisation des vaccins. Les expériences faites jusqu'à présent montrent que les vaccins sont bien tolérés. Les coûts des vaccins et de leur administration sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires.

D'autres mesures s'appliquent dans la zone de surveillance : Le transport de bovins est en principe interdit, les exceptions ne sont possibles que dans des conditions très strictes. Les marchés de bétail et d'animaux, les expositions ainsi que les foires avec des bovins sont également interdits.

Les éleveurs sont appelés à être particulièrement vigilants : ils doivent protéger leurs animaux autant que possible contre les piqûres d'insectes et signaler immédiatement tout symptôme suspect au vétérinaire de district compétent. En outre, un programme de surveillance vétérinaire renforcé est mis en œuvre dans les régions concernées. Toutes les mesures sont actuellement en cours d'exécution et sont communiquées individuellement aux éleveurs ou alpagistes concernés..

L’OSAV suit de près l’évolution de la situation et prend, en collaboration avec les services vétérinaires cantonaux, toutes les mesures nécessaires pour prévenir l’introduction et la propagation de la maladie en Suisse.

Plus d'informations dans le document ci- contre, et sur le site de la Confédération

FAQ - Dermatose (état 20 août 2025)

Maladie et transmission

Qu’est- ce que la Dermatite nodulaire contagieuse DNC/LSD ?

Maladie virale affectant bovins, zébus, buffles d’eau, présente en Afrique, détectée en Europe depuis juin 2025. Ni l’homme ni les autres espèces animales, comme les ovins et les caprins, ne sont concernés. L’épizootie est classée épizootie hautement contagieuse (dont l’éradication est obligatoire).

Quels sont les symptômes ?

Les bovins de tous âges sont sensibles ; la durée d'incubation est de 1 à 4 semaines.

Les bovins atteints de DNC développent des nodules de 0,5 à 5 cm de diamètre, dont la peau se nécrose après cinq à sept semaines. Les animaux présentent également des signes tels que fièvre, dépression, anorexie, écoulements nasal et oculaire, ainsi qu’une hypertrophie des ganglions lymphatiques. La maladie est toutefois très rarement mortelle.

Quel est l’agent infectieux ?

Le virus de la DNC (Capripoxvirus, un seul sérotype) est très résistant, survivant jusqu’à plus de 30 jours dans les lésions, et pendant de longues périodes dans l’environnement. Il est sensible à la lumière du soleil et aux détergents.

Comment se transmet la maladie ?

Elle se transmet entre animaux par piqûre des insectes vecteurs (taons et mouches piqueuses). Un risque de contamination moindre existe par contact entre animaux, via les sécrétions (salive, jetage) et les nodules, ou encore de manière indirecte (par exemple par des visiteurs en provenance de zones infectées, et leurs véhicules pouvant transporter des insectes vecteurs).

La consommation de lait de viande ou de fromage est- elle possible, et sans risque ?

Oui, ces denrées peuvent être fabriquées même dans les zones de surveillance, et consommés. La DNC n’est pas transmissible à l’Homme, ni par contact avec des bovins infectés ni par la consommation de produits issus de bovins contaminés.

Quelle est la situation actuelle ?

Au début août 2025, une zone de surveillance est mise en place dans un rayon de 50 km autour des plus de 67 cas décelés en France (Savoie). Cette zone inclut également le canton de Genève une partie du canton de Vaud, et quelques régions du sud- ouest du Valais.  (régions de Champéry, Finhaut et Ferret).

 
 

Mesures et prévention

★ NEW ★ / Quelles sont les conditions standard auxquelles peuvent être déplacés les bovins détenus en zone de vaccination ?

L’Ordonnance de l’OSAV instituant des mesures contre la dermatose nodulaire contagieuse prévoit des conditions très strictes à son article 17 (notamment : pas de déplacement d’animaux hors de l’exploitation avant un délai de 28 jours après la vaccination, pour autant que tous les animaux aient été vaccinés dans le même délai).

  1. Conditions standard pour le déplacement de bovins en zone de vaccination vers une zone non réglementée :
  • Bovins et troupeau vaccinés depuis au moins 28 jours
  • Bovins détenus pendant une période ininterrompue d’au moins 28 jours avant la date du déplacement dans leur exploitation de provenance.
  • Contrôle clinique et, si besoin, tests PCR négatifs
  • Tous les bovins détenus dans un rayon de 50 km autour de l’établissement de l’envoi vaccinés ou revaccinés au moins 60 jours avant le déplacement (les bovins doivent aussi se trouver dans la période d’immunité !)
  1. Conditions standard pour déplacer un bovin d’une zone de vaccination vers une autre zone de  vaccination ou à l’intérieur de la zone de vaccination :
  • Bovins et troupeau vaccinés depuis au moins 28 jours

 

★ NEW ★ / Puis-je déplacer mes bovins depuis une zone de vaccination s’ils ne remplissent pas les conditions standard ?
  1. Conditions pour ramener des bovins non vaccinés de l’estivage si mon exploitation et l’alpage sont tous les deux dans une zone de vaccination:

Sur dérogation, et seulement si:

  • Le reste du troupeau est vacciné depuis au moins 28 jours
  • L’exploitation d’arrivée est sous séquestre pendant au moins 28 jours
  • Contrôle clinique en fin de séquestre et test PCR si symptômes
  • Mesures de protection contre les insectes vecteurs pour tous les animaux
  • Les animaux sont vaccinés dès leur retour
  • Le vétérinaire cantonal peut imposer des mesures plus strictes
  1. Conditions pour ramener mes bovins d’une zone de vaccination vers une zone non réglementée avant la date du 12.10.2025 :
  • Sur dérogation, et uniquement si :
  • Bovins et troupeau vaccinés depuis au moins 28 jours
  • Bovins détenus pendant une période ininterrompue d’au moins 28 jours avant la date du déplacement dans leur exploitation de provenance.
  • L’exploitation d’arrivée est mise sous séquestre pendant au moins 28 jours
  • Contrôle clinique en fin de séquestre et PCR si symptômes
  • Mesures de protection contre les insectes vecteurs pour tous les animaux
  1. Puis- je ramener mes bovins non vaccinés ou pas vaccinés depuis au moins 28 jours d’une zone de vaccination vers une zone non réglementée ?

NON, il est interdit de déplacer des bovins non vaccinés ou pas vaccinés depuis 28 jours d’une zone de vaccination vers une zone non réglementée.

  1. Conditions pour déplacer mes bovins d’une zone non réglementée vers une zone de vaccination :

Oui, sur dérogation, et uniquement si :

  • Les animaux sont vaccinés dès leur arrivée.
  • Les autres règles de l’ordonnance Ordonnance de l’OSAV instituant des mesures contre la dermatose nodulaire contagieuse sont respectées
★ NEW ★ / Pourquoi y a-t-il encore des restrictions pour les animaux correctement vaccinés contre la DNC ?

Parce que la vaccination ne protège pas immédiatement (plusieurs semaines sont nécessaires) et que la DNC peut rester très contagieuse, même parmi des bêtes fraichement vaccinées et sans symptômes. Il faut donc attendre un certain délai avant de mélanger des animaux venant d’une zone de surveillance ou de vaccination (dite « à risque ») avec des troupeaux non- vaccinés d’autres régions, afin de minimiser les risques de propagation. Si les délais prescrits ne peuvent pas être respectés (nécessité de désalper par exemple), des dérogations existent mais uniquement sous conditions strictes (séquestre et contrôle vétérinaire). Ces mesures ne sont pas seulement une précaution : nous avons l’obligation légale de respecter les règles fixées au niveau national et international (européen). Elles servent à protéger durablement la santé animale et à préserver la filière bovine.

J’aimerais protéger mon bétail, que faire ?

Pour les animaux situés dans la zone de surveillance, appliquer strictement les consignes transmises.

Pour les autres régions, comme seuls les animaux situés dans une zone de surveillance peuvent être vaccinés, il n’est pas possible de vacciner les animaux. Les éleveurs (spécialement en Bas- Valais) sont invités à faire preuve de vigilance par rapport à l’apparition de signes cliniques évocateurs de la maladie comme des nodules sur la peau, de la fièvre ou une forte baisse de la production. Il s’agit également de renforcer autant que possible les mesures de lutte contre les insectes vecteurs, et d’éviter la visite de personnes en provenance de régions touchées par la maladie.

Dans la situation actuelle, comment est- il possible de protéger la race d’Hérens, une race à petit effectif ?

Les mesures actuellement prises contribuent à cela. Si la maladie devait être décelée dans un troupeau suisse, il pourrait, dans certains cas, être envisagé de limiter l’abattage aux seuls animaux infectés, si l’ensemble des animaux d’une exploitation est vacciné. Une exception automatique à l’abattage des animaux infectés par la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) ne peut pas être accordée pour les vaches de la race d’Hérens. L’application de l’article 85, alinéa 2ter, lettre c, de l’ordonnance sur les épizooties (OFE) à cette race est certes juridiquement envisageable, mais uniquement si des conditions strictes prévues par la législation sont remplies. Cela implique notamment une analyse du risque épidémiologique, une évaluation de la valeur génétique réelle des animaux concernés, ainsi que l’examen des possibilités alternatives de conservation du patrimoine génétique. Une évaluation au cas par cas devrait alors être effectuée par les autorités vétérinaires compétentes.

Quelles sont les mesures prises dans la zone de surveillance ?

A l’intérieur de la zone de surveillance, les animaux sont vaccinés, et des contrôles vétérinaires effectués. Pour limiter le plus possible le risque que la maladie soit diffusée, des restrictions aux mouvements d’animaux et de sous- produits animaux sont appliqués, et des mesures de biosécurité doivent être mises en œuvre :

  • Lutte efficace contre les insectes vecteurs (dans et autour des bâtiments, répulsifs sur les animaux),
  • Nettoyage/désinfection des véhicules de transport,
  • Limitation de l’accès aux animaux aux seules personnes indispensables
Mes animaux sont dans la zone de surveillance, mais je n’ai pas été informé, pourquoi ?

Plusieurs raisons sont possibles :

  • Si vos animaux sont détenus dans un alpage communautaire, c’est le responsable de l’alpage qui a été contacté (par téléphone, puis par un courrier), car il est malheureusement impossible de contacter individuellement chaque propriétaire de tous les bovins concernés.
  • Si le déplacement de vos animaux n’a pas été notifié dans la BDTA, veuillez Svp procéder sans délai à la notification, et l’annoncer par courriel à l’adresse ovet@admin.vs.ch
  • Si vos animaux ne sont pas en alpage communautaire, et votre exploitation située dans la zone de surveillance ne possède pas de numéro BDTA, veuillez Svp vous annoncer par courriel à la même adresse en mentionnant le numéro de l’exploitation d’origine, et celui des animaux concernés.
J’organise une manifestation avec du bétail, dois- je l’annuler ?

Il ne peut malheureusement être apporté aucune garantie quant à l’évolution de la situation, et sur une éventuelle extension de la zone de surveillance qui interdirait alors le déroulement de manifestations prévues, et d’animaux provenant hors de la zone actuellement en place.

Bien qu’aucune disposition légale ne s’oppose à l’organisation en dehors des zones de vaccination de combats de reines ou d’autres manifestations réunissant des bovins répondant aux conditions de l'Ordonnance DNC, le principe de précaution prévaut en contexte d’épizootie hautement contagieuse : les mesures sanitaires réduisent le risque sans l’exclure totalement et tout rassemblement l’accroît, même faiblement. Dans ce contexte, et compte tenu des craintes exprimées ainsi que des exigences de garanties, particulièrement pour la Race d’Hérens, il est actuellement recommandé de ne pas organiser en Bas-Valais de tels événements.

Puis-je amener une bête à l’abattoir si elle se trouve dans une zone de surveillance?

Oui, mais seulement sous certaines conditions, selon la localisation de l’abattoir :

  • Si l’abattoir est situé dans la zone de surveillance :
    Le transport est autorisé, à condition que l’animal fasse l’objet d’un examen vétérinaire officiel mandaté par le vétérinaire cantonal, et que soit délivré le document d’accompagnement relatif aux épizooties. Cet examen peut être réalisé directement sur l’exploitation.
  • Si l’abattoir est situé en dehors de la zone de surveillance :
    Le transport peut être autorisé après annonce préalable à ovet@admin.vs.ch, en mentionnant le numéro BDTA de l'exploitation de départ, ainsi que le numéro du ou des animaux concernés. Il doit s’agir d’un transport direct sans arrêt ni déchargement, après examen vétérinaire officiel et délivrance du document d’accompagnement spécial.
  • Dans tous les cas, les véhicules de transport doivent être étanches, nettoyés, désinfectés et traités avec un insecticide avant et après chaque trajet. Le délai d’attente des vaccins (voir rubrique concernée) doit également être respecté.

Vaccination

En quoi consiste la vaccination, est-elle efficace ?

La vaccination constitue à ce jour la stratégie la plus efficace pour enrayer la maladie. Les vaccins utilisés ne sont pas autorisés en Suisse, mais l’OSAV a édicté une décision générale pour l’importation et l’utilisation de ces vaccins. Les expériences faites jusqu’à présent montrent qu’ils sont bien tolérés. La vaccination consiste en une seule injection sous- cutanée, effectuée par le vétérinaire. L’immunité se développe dans les jours qui suivent l’injection pour atteindre un niveau sûr après 28 jours.

Le délai d’attente après administration des vaccins pour la viande dépend du vaccin administré (le vétérinaire responsable pourra indiquer lequel a été administré aux animaux) :  aucun pour le Bovilis Lumpyvax-E , et 21 jours pour le OBP Lumpyskin Disease. pour les deux vaccins, il  n'y aucun délai d'attente pour le lait.

 

Suis-je obligé de faire vacciner mes animaux s’ils sont en zone de surveillance ?

Pour les animaux situés en zone de surveillance, c’est une obligation, sans dérogation possible (attestation médicale vétérinaire exceptée).

Comment se déroule la vaccination, que dois- je faire ?

Le vétérinaire délégué mandaté prendra directement contact avec le responsable de chaque exploitation, aucune autre démarche n’est nécessaire.

Pourquoi ne puis-je pas vacciner mes animaux ?

La vaccination contre la DNC ne peut pas être décidée individuellement. Elle fait partie d’une stratégie globale de lutte définie au niveau légal national et européen, visant à créer une "ceinture d’immunité" autour des foyers détectés.

Actuellement, aucun cas n’a été détecté en Suisse, donc la vaccination n’est autorisée que dans certaines zones ciblées (les zones de surveillance, qui sont érigées dans un périmètre de 50 km autour du foyer de la maladie le plus proche). Une vaccination préventive généralisée (comme dans tout le Valais, par exemple) n’est pas possible à ce stade, ni d’un point de vue légal ni économique, et impliquerait pour les éleveurs des conséquences importantes (restrictions de mouvements d’animaux, interdiction des manifestations avec du bétail), ainsi qu’un impact commercial sur les échanges internationaux). Pour toutes ces raisons, la vaccination d’animaux hors d’une zone de surveillance est interdite.

La vaccination a-t-elle des effets secondaires ?

Comme pour tout médicament, il peut y avoir de très rares effets secondaires passagers et sans conséquences. Mais dans tous les cas, les bénéfices de la vaccination sont très largement supérieurs au faible risque éventuel qu’elle pourrait représenter.

Aspect financier

Qu’en est- il des coûts engendrés ?

Les frais liés à la vaccination sont entièrement pris en charge par les autorités vétérinaires. D’éventuelles pertes d’animaux liées à la maladie seraient indemnisées par le Canton.

En revanche, ne sont pas indemnisés :

  • le travail supplémentaire d’aide de la part des détenteurs d’animaux
  • les coûts engendrés par les mesures de protection et de restriction.

Le service cantonal de l’agriculture est compétent pour répondre aux questions liées aux subventions agricoles.